Selon de nombreux chercheurs, la musique et la danse accompagnent le peuple brésilien depuis la formation de sa société, servant à apaiser les tensions engendrées par la diversité des acteurs impliqués dans ce processus et à adapter un modèle social européen au contexte tropical.
Lié au carnaval, le frevo évoque les conflits et les affrontements vécus depuis la seconde moitié du XIX^e siècle, ce qui permet de comprendre ses multiples significations historiques et sociales.

1. Le carnaval : origine des festivités carnavalesques

Frevo: história, identidades e manifestações culturais

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L’Entrudo est la forme la plus ancienne du carnaval populaire dans la péninsule Ibérique et dans les colonies (XVI^e-XIX^e siècles). Il s’agissait d’une fête de rue au cours de laquelle les participants s’amusaient à se jeter de l’eau, de la boue, de la farine, des œufs, voire des objets sales les uns sur les autres.
Elle se caractérisait par l’anonymat, le désordre festif et le renversement des normes sociales : hommes et femmes se mélangeaient, portaient des masques et participaient à des jeux pouvant devenir agressifs.
Importé au Brésil par les Portugais, il a influencé les origines du carnaval local. À l’origine, il s’agissait d’un jeu consistant à se lancer des citrons entre des groupes ou des individus, accompagné de plaisanteries et de nourriture. Des archives du début du XIX^e siècle témoignent de l’ancrage de cette pratique dans la vie coloniale.
Avec le temps, les divertissements ont toutefois dégénéré : le citron a été remplacé par de l’urine, des fruits pourris, de la boue et d’autres déchets, et les jeux ont commencé à marquer et à séparer les espaces urbains, provoquant des problèmes d’ordre public et de santé. Au XIX^e siècle, ces excès ont donné lieu à des interdictions et à des réglementations qui ont permis d’organiser des formes de carnaval plus structurées.

2. Recife et la naissance du frevo
À Recife, ce parcours a donné lieu à l’ébauche du frevo. Initialement moins frénétique, il a pris forme à partir des fanfares et des groupes musicaux militaires, ainsi que grâce à la présence des capoeiras, des groupes d’hommes noirs ou métis qui, à la tête des fanfares, se disputaient divers intérêts, y compris politiques.
L’habileté dans les combats et les nouveaux sauts créés par les capoeiristes, au son des groupes musicaux, ont directement influencé la création des pas du frevo de rue.

3. De la lutte à la chorégraphie
La répression policière dont ils ont été victimes les a conduits à camoufler les coups dans des mouvements chorégraphiques, donnant ainsi naissance à des noms propres pour désigner les pas : « dobradiça », « parafuso », « tesoura », « tramela » et « alicate » — des termes empruntés au monde du travail.
Ces noms ont également donné leur nom aux premiers groupes de frevo, comme les clubs pédestres (aujourd’hui clubs de frevo).

4. Profil des regroupements initiaux
Les clubs de marcheurs se formaient généralement sur les quais du port et dans les entrepôts.
Ses membres étaient des Noirs affranchis, des travailleurs de services des quartiers de São José et de Santo Antônio, des marins et des prostituées — des gens simples qui cherchaient divertissement, loisirs ou confrontation.
En revanche, l’élite organisait de grands bals appelés mascarades, ainsi que des défilés, comme ceux des clubs d’Alegorias e Críticas et du Corso.

5. Expansion sociale : l’émergence de la classe moyenne.
Né dans le milieu prolétaire, le frevo a atteint la classe moyenne vers 1920, avec l’apparition du bloc carnavalesque mixte, une sorte d’association similaire aux ranchos natalinos, formée par des familles de la petite bourgeoisie et caractérisée par une plus grande participation féminine (y compris dans les chorales).
Les orchestres de ces blocs, appelés « pau e cordas » (bâtons et cordes), jouaient initialement des tangos, des choros et des arias. Peu à peu, ils ont incorporé des frevos, dont les mélodies oscillent entre lyrisme, nostalgie et hommage aux personnalités du genre.

6. Participation féminine et noms populaires
Les clubs de marcheurs, piliers des associations, étaient initialement masculins ; la présence féminine s’est progressivement intégrée à travers des groupes identifiés par leur métier (marchandes de fruits et légumes, repasseuses, maraîchères), ou par leur réputation marginale, comme les Ciganas Revoltosas (les Gitans rebelles), qui fréquentaient les rues centrales de Recife (Rua do Fogo, Rua da Guia, Beco do Veado, Rua das Águas Verdes).

7. Les troças et les clubs de marionnettes
Les troças sont des groupes populaires traditionnels du carnaval, principalement dans le nord-est du Brésil. Ils défilent dans les rues et les quartiers dans une ambiance festive et souvent improvisée.
Outre les clubs pédestres et les blocs mixtes, le système carnavalesque du frevo comprenait des troças (venant de divers quartiers et banlieues, organisés ou improvisés) ainsi que des clubs de marionnettes, généralement nommés en l’honneur de carnavaliers, de personnages ou de fondateurs.

8. Considérations finales
Le frevo est en constante évolution : imprévisible et transgressif, érudit et populaire, il oscille entre tradition et modernité.
Sa pluralité et sa singularité en font un patrimoine culturel immatériel.
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