Partage des terres découvertes – Traité de Tordesillas

Le traité de Tordesillas, signé en 1494, a permis de partager les domaines d’outre-mer.

1. Context

Face à l’injustice des bulles d’Alexandre VI, Jean II protesta auprès de la Curie romaine et des rois voisins qui en bénéficiaient.

Il envoya des agents en Espagne afin de proposer une nouvelle ligne de démarcation des territoires d’outre-mer, moins préjudiciable que celle de l’Inter caetera.

Il suggéra qu’au lieu d’un méridien, on adopte comme limite un parallèle qui, partant des îles Canaries, séparerait les terres portugaises de celles appartenant aux royaumes unis de Castille, León et Aragon.

Outre une grande partie de l’hémisphère sud encore inconnue, il se réservait la majeure partie des Indes et les îles aux épices tant convoitées.

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2. Négociations et menaces

Les premières négociations ayant échoué, Dom João II envisagea de recourir à la force ou à la menace : il ordonna la préparation d’une armada sous le commandement de Dom Francisco de Almeida afin d’occuper les terres découvertes par Colomb ou de régler la question par la force militaire.

Craignant le conflit — et déjà influencés par les difficultés politiques de Ferdinand d’Aragon en Italie —, les rois espagnols envoyèrent des émissaires conciliateurs, suspendirent les préparatifs de guerre et conclurent de nouveaux accords sur le partage des territoires outre-mer.

On a même envisagé de réformer ou de modifier la bulle papale.

3. Signature du traité

L’accord qui en résulta fut signé à Tordesillas le 7 juin 1494 et initialement intitulé « Capitulation de la partition de l’océan ».

Pour le Portugal, ont signé : Rui de Sousa, seigneur de Sagres ; João de Sousa ; et le licencié Aires de Almada.

Duarte Pacheco Pereira, valet de chambre du roi, a signé en tant que témoin.

4. Clauses principales

Les rois du Portugal et d’Espagne ont convenu d’une ligne droite tracée de pôle à pôle, à 370 lieues à l’ouest des îles du Cap-Vert, selon laquelle tout ce qui avait déjà été découvert ou serait découvert par des navires portugais, depuis cette ligne vers l’est, appartiendrait à jamais au Portugal et à ses successeurs.

Il fut également stipulé que si Colomb découvrait d’autres terres avant le 20 juin, situées à plus de 250 lieues du Cap-Vert, celles-ci reviendraient à l’Espagne — clause qui suggère que les Portugais avaient déjà une certaine connaissance des terres américaines.

5. Défauts et conséquences

Le traité laissait toutefois des points essentiels en suspens : il n’indiquait pas quelle île du Cap-Vert serait le point de départ des 370 lieues, ni combien de lieues équivaudraient à un degré (les avis étaient partagés sur ce point).

Ces vides ont donné lieu à de futures controverses, mais quelle que soit l’option choisie, le Portugal s’est assuré une partie du continent américain.

La politique de Dom João II garantit le maintien de l’exclusivité sur les Indes et la future possession du Brésil.

6. Ratifications et confirmations

Le traité fut signé à Arévalo le 2 juillet et ratifié par les rois d’Espagne le 2 août ; le souverain portugais le confirma à Setúbal le 5 septembre 1494.

Ce n’est qu’en 1506, à la demande de Dom Manuel I^(er), que le pape Jules II autorisa l’archevêque de Braga et l’évêque de Viseu à ratifier l’accord par le Saint-Siège, par la bulle Ea quae pro bono pacis.

En 1514, le pape Léon X, par la bulle Precelso et devotionis, renouvela les concessions faites au Portugal, y compris les terres prises aux infidèles, non seulement jusqu’aux Indes, mais dans toute autre région.

7. L’héritage

Approuvé par les papes suivants, le traité de Tordesillas représentait un effort considérable de la part du Portugal pour atténuer l’impact des bulles d’Alexandre VI sur l’expansion maritime, la conquête et le commerce.

Jusqu’en 1750, date à laquelle il fut abrogé par le traité de Madrid, il était considéré comme le document le plus important de l’histoire diplomatique portugaise.

Cena histórica detalhada: assinatura do Tratado de Tordesilhas (1494). No centro, uma mesa de madeira antiga coberta por pergaminhos e um grande mapa náutico do Atlântico mostrando as Ilhas de Cabo Verde; alguns homens vestidos em trajes finais do século XV — representantes portugueses (incluindo Dom João II em traje régio discreto) e espanhóis.
Scène historique détaillée : la signature du traité de Tordesillas (1494). Au centre se trouve une ancienne table en bois recouverte de parchemins et d’une grande carte nautique de l’Atlantique sur laquelle sont représentées les îles du Cap-Vert. Quelques hommes vêtus de costumes de la fin du XV^e siècle sont présents : des représentants portugais (dont Dom João II, vêtu d’un costume royal discret) et espagnols.

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